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Vivre ses rêves plutôt que rêver sa vie

24 mai 2014 : de Polewali à Mamassa

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Départ un peu plus tôt que d’habitude pour aller visiter le marché de Polewali. Ce marché est coloré et les marchands nombreux. Les produits sont en nombre que ce soit en quantité ou en variété. De nouveau, à chaque pas, nous somme scrutés comme des bêtes curieuses, les gens sont vraiment surpris de rencontrer des « longs nez ». Mais l’étonnement et la surprise laissent toujours la place à un grand sourire sans jamais aucune animosité.
Nous partons ensuite vers le marché couvert où, après un petit « round » d’observation, les femmes et les jeunes filles se précipitent sur Isa, Yann et Chloé avec de grands cris de joie pour se faire prendre en photo en leur compagnie. J’ai moins de succès mais c’est normal, je suis l’homme, le patriarche, donc je suis moins facile à approcher.

Après une petite heure de visite, nous prenons la route en direction des montagnes. La distance a parcourir aujourd’hui est relativement courte, environ 80 kms, mais notre guide nous a prévenu que cela devrait prendre beaucoup de temps en raison de l’état de la route.

Une route ? Peut-être mérite t’elle ce nom pour les premiers kilomètres mais après, moi, j’appelle ça un cauchemar !! A peu près bitumée au tout début, ce n’est ensuite qu’une succession de trous, de nids de poule, de cailloux, de chaussée déformée, voire écroulée et de piste. Nous roulons à moins de 10 km/h car notre voiture n’est pas vraiment adaptée à une telle route mais, Mappi, notre chauffeur est d’une patience infinie (il porte franchement bien son prénom !). A un endroit, la moitié de la chaussée s’est effondrée plusieurs mètres plus bas.

La première partie, en gros 3 heures de route, va être assez, voire très pénible. Mais elle est autant pénible que les paysages sont sublimes. Nous grimpons dans la montagne et avons parfois des vues sublimes sur la vallée. Tout le long du chemin, nous traversons des petits villages avec leur lot de maisons traditionnelles, de petites boutiques et de « warung », c’est-à-dire de petits restaurants. De nombreux tapis sont posés sur la route pour faire sécher les fèves de cacao qui poussent en quantité dans la région.
Les gens sont toujours aussi gentils et après les deux premières secondes d’étonnement, ils nous disent « hello » avec de grands gestes de la main et d’énormes sourires.
Les enfants sont mis à contribution par les parents et rares sont ceux qui vont à l’école. Dans ces montagnes, ils commencent généralement à aider leurs parents à partir de 6 ans et travaillent définitivement vers 12 ou 13 ans … La vie est rude dans ces montagnes.
Nous longeons aussi beaucoup de rizières et de marchands de fruits. Un arrêt rapide à l’un d’entre eux se transforme immédiatement en rassemblement pour nous voir de plus près et nous prendre en photo.
On se demande comment font ces gens pour vivre dans des endroits si reculés et si difficiles d’accès.

La pause déjeuner est la bienvenue car nous avons du rebondir au moins un million de fois (!!) dans la voiture. Cela fait plus de 3 heures que nous sommes partis et nous avons du faire à peine 40 kms … Pour changer du poulet frit, je tente la boulette de viande m’attendant à une boulette comme dans notre bon vieux couscous. Mais on m’apporte à ma place une grosse boulette plutôt blanchâtre. A la dégustation, c’est assez compact et j’ai plus l’impression de manger une testicule de taureau qu’autre chose (bon d’accord, je n’en ai jamais mangé mais j’imagine que ça doit avoir ce goût là …).

Peu après, c’est reparti et nous croisons sur la route énormément de chiens. Très sérieusement, notre guide nous indique que « c’est de l’élevage » … Au Sulawesi, le chien est un plat très apprécié et le top du top, c’est … le caniche !! Il y a d’ailleurs des « warung » spécialistes de la viande de chien. Topik nous indique aussi que dans le nord de l’île, il y a un marché très connu qui propose différents animaux dont des chiens. Il suffit de le choisir pour que, dans l’instant, on l’abatte pour le préparer comme on le ferait avec du lapin ou du poulet ….
C’est très choquant pour nous autres occidentaux mais ici le chien est considéré comme le sont chez nous les poulets, les moutons ou encore les lapins.
Pour les amoureux des chats, rassurez-vous, ils sont laissés tranquilles. Enfin presque, car il est très rare de voir un chat avec sa queue, considérée comme un porte bonheur, elle est quasi systématiquement coupée …

Je pensais que nous avions fait le plus gros de la route mais Topik douche mes illusions en m’indiquant que le reste sera bien pire. J’ai du mal à imaginer comment cela pourrait être pire. Et finalement, ce le fut !!!! La dernière heure, il n’y a même plus de route mais une piste de terre avec uniquement des ornières et de la gadoue car une énorme averse s’est en plus mise à tomber, le tout à flanc de ravin. A un moment, Isa et Topik ont bien cru que nous allons y tomber tellement la voiture a été proche du bord. Les croisements de voiture sont toujours délicats. Mais notre chauffeur, certainement habitué, conduit d’une main de maître.

Le long de la route, les cultivateurs de cacao, de riz ou de fruits ont désormais laissé la place aux fabricants de cailloux. La falaise est attaquée à la pioche et au marteau pour transformer les gros blocs en gravier qui servira à la fabrication du béton.

La bonne nouvelle, c’est qu’au bout de 7 heures de route, nous sommes arrivés sains et sauf à Mamassa !!! Mais la mauvaise, c’est qu’il n’y a qu’une seule route et que nous devrons la reprendre dans deux jours …

A peine installés dans notre pension de famille où nous découvrons notre salle de bains pour le moins épurée (cf photo), nous partons découvrir la ville à pied sous la pluie. Un marché s’y tient et aux odeurs de poissons se mélangent celles des épices. Nous gouterons à de délicieuses spécialités locales : tout d’abord au « Terang Bulan », sorte de crêpe garnie de chocolat et de noisettes et au « Martabak », une brique garnie de viande et d’épices.
Curiosités vivantes, nous avons toujours autant de succès auprès des locaux qui nous interpellent soit par des »hello, Mister », soit pour qu’on les prenne en photo. Tiens, à chaque fois qu’on indique que l’on vient de France, la plupart du temps, la première chose qui vient à l’esprit des gens, c’est : « Ribéry » !!!

Le soir, Topik nous a préparé le diner : une soupe dans laquelle se trouvent des patates sur lesquelles les enfants se ruent puis un délicieux poulet au curry et lait de coco. Avant de se coucher, Isa et les enfants prennent leur « douche » version rustique. C’est à la fois une expérience et une épreuve car ici, pas d’eau chaude. Différents cris sont poussés mais tous arrivent à se laver comme le faisaient nos parents autrefois.

Nous trouvons nos enfants formidables car ils arrivent à s’habituer toutes les situations même les plus précaires.

NB : pour ceux que mon récit aura un peu « effrayés », rassurez-vous des dizaines de voitures, de camions et de bus prennent cette route tous les jours sans encombres. Simplement, nous racontons notre voyage comme nous le vivons. Cela vaut VRAIMENT la peine car les trois jours que nous aurons passé à Mamassa auront été parmi les plus beaux de notre voyage.

 


Le marché de Porewali.


C’est parti pour la séance photo !!


Les montagnes du Sulawesi.


Le séchage des fèves de cacao.


Notre magnifique route.


Petite pause qui se transforme en pause photo.


Partout des rizières.


Ma « couille » de taureau !!


Après le déjeuner, re-pause photo !!


Un buffle tacheté.

La route vers la fin.


Le marché de Mamassa.


Notre salle de bain. A gauche, la « douche » …

2 réflexions sur “24 mai 2014 : de Polewali à Mamassa

  1. Que d’émotions à la lecture de vos récits !!!
    Quelle expérience magnifique et unique !!!
    L’authenticité de ces lieux me touchent.
    Merci de nous transmettre aussi bien votre ressenti.

    • Bonjour Clochette ! Chaque jour, nous vivons des émotions intenses ! Ce pays encore très peu visité à conserver toute son authenticité ! Quel bonheur de voir tous ces sourires ! On ne s’ en lasse pas !! On vous embrasse.

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