Les Peltier Autour du Monde

Vivre ses rêves plutôt que rêver sa vie

23 mai 2014 : de Sengkang à Polewali, une belle leçon de vie

2 Commentaires


Village flottant – Lac Tempé

Album du jour à voir ici : https://plus.google.com/photos/102219318331179331070/albums/6018829068393324593?authkey=CJjP4uqE3_2iiAE

Après la belle journée d’hier, nous commençons celle d’aujourd’hui par une balade en pirogue en direction du lac Tempe. Une fois embarqués sur un bateau traditionnel, nous remontons la rivière qui mène au lac. Tout le long du rivage, en nous apercevant, les habitants nous font de grands bonjours. Cette partie du Sulawesi est encore peu visitée par les touristes et c’est pour chacun une grande joie de voir un « long nez ».

Les gens d’ici détestent leur nez « épaté » et la grande mode sur la proche île de java est de se faire poser un nez en silicone pour avoir l’air « occidental » … Notre nez tout en longueur fait l’admiration de tous. Etonnant, non ?

Les gens vivent avec la rivière : il y a évidemment les pécheurs mais certains s’y lavent, d’autres lavent leur linge tandis que d’autres encore vendent dans leur boutique flottante.

La balade en bateau va durer une grosse quarantaine de minutes et nous naviguons sur un lac immense. Il mesure en gros 70 km de long pour 15 de large pour une profondeur de 2 à 4 mètres. Chose incroyable, en été, il est généralement à sec avant de se recharger en hiver.

Nous traversons le lac et admirons sa végétation et ses animaux, notamment des hérons. Puis, nous arrivons près d’un village très étonnant : un village flottant. Les maisons sont construites sur des bambous et sont simplement ancrées pour pouvoir être déplacées et suivre les milieux poissonneux. Ses habitants, tous pêcheurs, vivent ici toute l’année sans eau courante, sans électricité et … sans wifi !!!

Nous nous installons sur le perron de l’une de ces maisons et il s’en suivra une grosse heure de discussion avec Topik sur la façon de vivre de ces gens puis nous dériveront sur les différences de vie entre les habitants du Sulawesi et chez nous. Le tout autour d’un thé et de délicieuses bananes frites offertes par la maîtresse de maison.

Une grande solidarité et une vraie entraide existent entre tous les habitants de ce village flottant. Si un pêcheur est dans la difficulté, tous les autres vont spontanément veiller à lui donner ce dont il a besoin sans attendre de contrepartie. Nous sommes admiratifs de la simplicité de vie de ces gens et de leur solidarité. Solidarité qui semble avoir disparue de nos villes dites modernes ou, mis à part pour son entourage proche, chacun se calfeutre chez soi …

Les familles du Sulawesi sont aussi très soudées. Les enfants sont considérées comme des « investissements » pour l’avenir. Ici, il n’y a ni retraite, ni maisons de retraite. Il est de toute façon hors de question de laisser les anciens à l’abandon. Lorsqu’ils ne peuvent plus travailler, ils restent dans la maison avec leurs enfants qui vont, à leur tour, veiller sur eux. Généralement, les grands-mères élèvent leurs petits enfants pendant que les parents travaillent.

Nous nous interrogeons sur les raisons qui ont poussé nos sociétés dites modernes à devenir si égoïstes et si repliées sur elles-mêmes sans vraiment trouver de réponse.

Puis la conversation dérive sur les croyances de locaux. Même si le Sulawesi est une terre musulmane, elle est surtout depuis des siècles une terre animiste qui croit aux dieux, aux esprits et à la magie.

Topik nous racontera une histoire incroyable à mi-chemin entre croyance et réalité : une femme aurait été « engrossée » par un crocodile au cours d’un rêve. Puis, un jour qu’elle était au bord de la rivière, elle aurait accouché d’un bébé crocodile qui partit immédiatement dans l’eau. Quelques années plus tard, les pêcheurs capturèrent un crocodile. Au moment où il allait être tué, le crocodile leva une de ses pattes comme le ferait un humain. Le sorcier du village indiqua alors que quand bien même c’était l’apparence d’un crocodile, il s’agissait en fait bien d’un humain. Une femme arriva alors en affirmant qu’il s’agissait de son frère, affirmation qui fut confirmé par le sorcier. Elle repartit alors avec le crocodile.
Dans la réalité, cette femme et ce « frère » existent vraiment. Depuis des années, une femme et un crocodile vivent ensemble et dorment dans la même chambre. Ils se promènent ensemble, mangent ensemble … Cette femme et son « frère » sont une des curiosités du coin et peuvent être visités à tout moment. Si tout va bien, nous devrions pouvoir aller les voir.

Ces croyances nous amènent ensuite à une conversation sur la magie noire et la magie blanche qui sont aussi des croyances locales, Topik ayant lui-même assisté à un phénomène « surnaturel » concernant sa sœur. Tout ceci peut paraitre bizarre pour nos esprits cartésiens mais cela permet de mieux comprendre les gens d’ici.

Après cette conversation très relax et passionnante, nous repartons en bateau vers notre lieu de départ. Et c’est reparti pour les grands « hello » avec chaque personne croisée.

Peu de temps après, nous nous arrêtons chez un tisserand artisanal pour assister à une démonstration de tissage. La soie est très belle et nous ne résistons pas à l’achat d’une superbe écharpe à 100.000 roupies (environ 6 euros).

Le reste de la journée sera ensuite une très longue route vers la ville de Palewali. Pendant ces longues heures, nous passerons notre temps à admirer le paysage, découvrir les villages et répondre aux sourires. Nous ne cesserons pas non plus de longer des rizières. Il y en avait beaucoup à Bali mais là, c’est encore « pire ». Il y en a absolument partout. Nous assisterons à la séparation de la coque de riz, de son grain et du son. Cette opération est réalisée sur une machine par de tout jeunes adolescents ayant la « clope au bec ».

Le tabac est ici un fléau et il a été causé notamment par la culture du riz. Les rizières sont infestées de sangsues et les bruler avec une cigarette est le moyen le plus rapide de les décoller … il est donc d’usage que le « patron » fournisse ses employés en cigarettes … Il n’y a pas d’interdiction de fumer dans les lieux publics et cela nous fait bizarre de voir les gens fumer autour de nous dans un restaurant par exemple. Tout comme il nous fait bizarre de voir un jeune de 14 ans la cigarette au bec mais le pire, c’est que la plupart des enfants commencent à fumer vers l’âge de 7 ans …

Durant cette pause, des femmes ont absolument tenu que nous les prenions en photo avec Isa. Pour nous remercier, elles nous ont spontanément offert des fruits !!!

Nous nous arrêterons également une autre fois pour déguster le « fruit du serpent », un fruit local très bon qui a vaguement le goût d’une pomme. Comme toujours, cet arrêt est l’occasion de devenir des « bêtes curieuses » avec notre long nez et d’être pris en photo.

Arrivés en fin de journée à Polewali, nous partons nous promener le long de la promenade qui longe la mer. Malheureusement il pleut … ce qui a fait fuir les locaux qui viennent ici habituellement manger dans les petits restos qui s’installent une fois le soleil couché. Avec Isa, nous décidons de rentrer à pied et tous les deux mètres, nous sommes apostrophés par des « hello, hello », avec de grand sourires et de grands gestes de la main. Les touristes ne courent vraiment pas les rues par ici, nous n’en avons d’ailleurs pas vu un seul depuis notre départ de Makassar.

Quelle destination incroyable !! Pour les amoureux de l’Asie, précipitez-vous au Sulawesi et découvrez-là comme nous en dehors des sentiers battus et/ou touristiques grâce à un guide connaissant l’île comme sa poche. Il ne faut pas s’attendre à un tourisme organisé et confortable, le Sulawesi est assez « roots » mais l’expérience humaine en retour est inestimable.


Une maison flottante.


Les femmes se lavent ou lavent leur linge dans la rivère.


Une boutique flottante.


Ces bambous permettent de délimiter des zones de pêche réservées.


Au loin, le village flottant.

Les enfants naissent et vivent sur ses embarcations.


Le village flottant.


Le métier à tisser.


Architecture typique du Sulawesi.


Paysage typique.


Le fruit du serpent.


La machine qui sépare le grain de riz du reste.


La ville de Polewali.


Les restos du bord de mer.

2 réflexions sur “23 mai 2014 : de Sengkang à Polewali, une belle leçon de vie

  1. C’est un grand plaisir de lecture et de découverte. L’expérience humaine au Sulawesi apparaît vraiment exceptionnelle.
    Mais de nous faire partager ces moments si particuliers 🙂
    Bisous à toute la famille
    Les Mas

    • Bonjour Cédric ! Oui quel pays magnifique ! Chaque jour ici apporte son lot d’émotions ! Il y a tellement de chaleur humaine à chaque rencontre ! Quelle différence avec la France !!! Gros bisous à toute la famille !!

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